Humanités numériques jour 29, Combien de temps tu y passes ?

Ouah, je rentre dans le sujet !! Outils numérique et instrumentation pédagogique, avec des lectures pour aller plus loin… La première que j’ai cité dans le titre de cet article est l’œuvre de Caroline Muller ( « Combien de temps tu y passes ? » Petites réflexions sur les outils numériques, http://consciences.hypotheses.org/687) et commence par une situation dans laquelle je me suis tout de suite reconnu :

Une question est souvent revenue : « mais combien de temps tu y passes ? »

Qui voulait dire en réalité  : combien de temps tu y perds ?

Déjà cela m’a fait penser à mon post du Jour 8 sur la ratio temps/efficacité, mais aussi à Ivan Illich qui posait déjà cette question en 1972 !

Sur la question de l’évaluation des apports de l’outil, je reprendrai un exemple tiré de son ouvrage « La convivialité ». Il constate qu’un américain moyen utilisant sa voiture pour se rendre sur son lieu de travail peut en fait se déplacer sur l’année à une moyenne de 20km/h au vu des embouteillages subis pour ces déplacements domicile/travail (cas des grandes agglomérations et d’un habitat en banlieue). Cette personne met finalement plus de temps à payer et s’occuper de sa voiture, qu’elle ne gagne de temps de transport journalier par rapport à un trajet à pied. Finalement l’automobile comme objet industriel libérateur se transforme en objet d’asservissement. D’où, pour Illich la nécessité de rechercher un outil convivial.

Et ma réflexion en suivant, les outils numériques peuvent ils nous aider à créer ou re-créer de la convivialité, permettre des temps d’échanges plus conviviaux lorsque nous nous retrouvons physiquement, enlever du stress dans son emploi du temps par le fait de pouvoir coopérer à distance quand nécessaire ? Nous faire réellement gagner du temps ?

Puis pour m’aérer le cerveau et vu que j’étais en plein week-end (de boulot mais pas de fac!!), je suis aller voir Snowden d’Oliver Stone. Bien sûr j’ai repensé à l’artefact et au détournement « heureux » d’une application permettant de personnaliser les apprentissages. Dans le film c’est un détournement dangereux et sournois, en effet c’est un logiciel de sauvegarde en continue des bases de données qui devient un logiciel de surveillance de masse des faits et gestes des citoyens lambda…

Cela me rappelle une phrase de Michel Onfray (Antimanuel de philosophie, 2001), « De l’âge des cavernes à celui d’internet, la technique agit toujours en instrument de domination d’un groupe sur l’autre». L’utilisation d’outils techniques n’est pas neutre, et ne peut pas l’être. Il faudrait maîtriser les outils en conscience de cette potentielle domination inhérente à l’outil même, sachant qu’à un moment ils permettent d’instaurer un diktat…

Mais je reviens à mon sujet de départ et à l’instrumentation pédagogique, il paraîtrait ridicule, perte de temps ou pas, de se passer des nouveaux outils dans de nombreuses situations. Je me souviens de ma première formation à distance suivie via le CNED (Centre National de l’Enseignement à Distance) en 1998 :

-je recevais à chaque début de cours un paquet par la poste avec les cours papiers accompagnés d’exercices. (certains cours étaient sur Cédérom support de communication unilatéral très à la mode dans les années 90 !!)

– je devais ensuite renvoyé par courrier postal les exercices effectués

– enfin je recevais une correction et des retours écrits de la part d’un professeur/tuteur

Avec les délais du courrier postal, il fallait bien un mois pour avoir un retour et je n’avais pas de possibilité d’échange avec les autres apprenants de ce cours… triste et dure année pour moi (ponctuée d’un échec, pas loin du but mais échec quand même).

Je mettrais en parallèle cette expérience avec une phrase d’introduction de Gérard Berry lors de sa Leçon inaugurale de la chaire d’Innovation technologique au Collège de France en 2008 : Notre civilisation est en train de devenir numérique.

La formation à distance a été créé avant les outils numériques, pourtant, au vu de mon exemple personnel cité plus haut, il paraîtrait absurde de se passer des potentialités des ce nouveaux outils qui transforment et refondent nos sociétés. Comme pour la formation en présentiel, il paraît plus judicieux, pour ne citer qu’un exemple, de permettre l’accès à des supports numériques en ligne plutôt que de donner des « tonnes » de photocopies qui ont alimentées avec beaucoup d’efficacité les nouvelles poubelles à papier créées par le tri des déchets !!

Donc pour conclure ma réflexion du jour 23, stopper ma perte de temps sur ce blog, et enfin me remettre au travail sérieux de réponses à mes mails et à la lecture des dossiers des stagiaires que je dois évaluer, je bouclerai sur la conclusion de Caroline Muller :

J’ai donc rapidement tranché la question de la perte de temps. Cela fait partie de mon travail – et je dirais même plus, cela m’aide à comprendre – et à aimer – mon propre travail.

Et du temps j’en trouve encore, surtout dans le train comme aujourd’hui entre Bordeaux et Reims, un espace/temps suspendu qui permet réflexion et prise de recul ? Je n’ai peut-être pas perdu mon temps à écrire ces quelques lignes et je me suis permis d’aimé mon travail !

PS : Attention aux effets de mode et aux usages de certains outils numériques, une vidéo que j’adore « Book la révolution technologique » à voir ici : http://reseaufoad.wordpress.com/2013/10/10/book-la-revolution-technologique/.

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